Les nuits me semblent terriblement longues. Je suis brisée en deux. Ici tout n'est que douleur. J'ai mal. Je vois les issues. Je sais qu'elles existent, elles sont proches. Mais je ne peux plus me déplacer tant le mal en moi est grand. Je me sens transpercée par une lame d'argent, qui couperait ma chair, éclaterait ma colonne, opresserait mes poumons, viderait mon coeur de son sang. Mais je l'ai à mes côtés, à chaque seconde. Regarder droit dans ses yeux. M'accrocher à sa taille comme un noyé s'accroche à un bout de bois. Discrètement j'essuie mes larmes et esquisse un sourire. Ma douleur disparait dans ses bras et tout à coup je me sens redevenir moi. C'est sous ses traits que je me sens guérir et reprendre des forces. Il faut tenir, encore, lever la tête et espérer, savoir que je l'aurais toujours auprès de moi pour m'épauler, savoir que jamais, jamais je ne serais totalement seule. Puis je regagne mon lit froid et m'allonger est un supplice. Je ferme les yeux sous l'effet des spasmes violents qui me secouent et nous revois côte à côte dans cette simplicité.
C'est la plus belle des tortures, la plus terrible des joies... Delicieux Supplice_